mardi 26 mars 2013

Comment occuper son temps dans le train?

Seule contre la loi
W. Wilkie Collins
I love London

Phébus, Libretto, 2009.

Au lendemain de ses noces avec Eustace Woodville, Valeria découvre qu'elle a épousé un homme riche en mystère. Tout d'abord, son vrai nom est Macallan. Cette révélation pique la curiosité de la jeune mariée... qui n'est pas au bout de ses surprises. Il s'avère que le nom de Macallan est entaché de scandales, l'homme ayant été soupçonné d'avoir assassiné sa première épouse. Les poursuites abandonnées faute de preuves, Eustace a tenté de se faire oublier. Convaincue de l'innocence de son mari, l'impétueuse Valeria décide de mener l'enquête. Contre l'avis de tous, et bientôt en opposition violente avec son entourage, elle va s'employer, dans une angoissante solitude, à lever l'un après l'autre les masques supposés protéger la bonne société victorienne. Soucieuse de dissimuler ses propres turpitudes - meurtre, chantage, extorsion -, cette dernière semble avoir fait main basse sur la Loi. 
Thriller labyrinthique, âpre réflexion sur les faux-semblants, vibrant portrait d'une héroïne libre et intraitable, Seule contre la loi passe pour le premier roman policier dont le détective est une femme. A la lecture de cet opus, on comprend l'admiration sans borne que Borges et Hitchcock vouèrent au maître W. W. Collins (1824-1889), ami et rival de Dickens en son temps.


Les 6 heures de train aller et retour pour me rendre à Paris ce week-end m'ont largement laissée le temps de dévorer ce roman de Monsieur Wilkie Collins. C'est le 3ème récit que je lis de ce grand auteur anglais et je suis toujours aussi conquise. Et pourtant, des trois romans lus, Seule contre la loi est celui qui m'a le moins emballée. 
L'histoire de Valeria se dévore. Mystères, meurtre, étranges personnages et secrets inavouables, un délice. J'ai retrouvé l'écriture efficace, intelligente et si haletante de La dame en blanc.  Les pages défilent, on ne voit pas le temps passer. Un roman comme je les aime. Mais je ne le classe pas en tête de mes lectures "Wilkie Collins" car l'ambiance et l'atmosphère générales m'ont moins bouleversée que celles de L'hôtel hanté et La dame en blanc. La qualité de ce texte est indéniable, mais il me manquait un je-ne-sais-quoi de plus British, de plus unique. Et puis, ce roman vendu comme une "thriller labyrinthique" n'est pas si tordu que ça. Le dénouement n'est pas très renversant et l'enquête en elle-même est assez basique. Malgré cela, on suit notre Valeria dans ses péripéties plus déterminée que jamais. On oublie certaines réflexions profondément misogynes (vive le XIXème!) et on embarque dans cette terrifiante histoire d'épouse empoisonnée. 
Si on ne devait lire ce roman que pour une seule chose, ça serait pour le merveilleux personnage de Miserrimus Dexter. Chapeau Mister Collins d'avoir créé cet homme totalement farfelu, effrayant, hilarant et pitoyable. Tant d'émotions en un seul personnage, c'est grandiose! 
Je ne me lasse pas de Wilkie Collins et plus je le lis, plus je l'aime ... même avec quelques faiblesses. Basil et Pierre de lune m'attendent sur leur étagère ... et les autres attendent en librairie que je les adopte.
Une valeur sûre! A lire sans modération!


" Maintenant que je suis remise de ma stupéfaction et en mesure de réfléchir calmement, je persiste à dire que cet homme étrange n'est pas fou à proprement parler. Il me paraît exprimer ouvertement - de façon aussi désordonnée que bruyante, je vous l'accorde - des pensées et des sentiments que tous nous cachons parce que nous les tenons pour des faiblesses. Je vous avoue que je me suis moi-même souvent imaginée dans la peau d'une autre personne et que j'en ai chaque fois retiré un certain plaisir. Un de nos premiers jeux d'enfant - à condition de posséder un peu d'imagination - est de changer de personnage, de devenir une fée, une reine, bref, n'importe quoi d'autre que ce que nous sommes dans la réalité. Mr Dexter, tout comme les enfants, ne s’embarrasse pas de ces pudeurs et, si c'est là être fou, alors il l'est assurément. "
(Seule contre la loi, Wilkie Collins, Phébus, 2009, p227)

(Source : Lady Marjorie, James Jebusa Shannon)

4 commentaires:

Titine a dit…

Les grands esprits se rencontrent, je mets en ligne demain un billet sur une BD inspirée de "Seule contre la loi" ! Même si la misogynie est toujours présente chez Wilkie, il faut noter que c'est Valeria qui mène l'enquête avec entêtement.

leslivresdegeorgesandetmoi a dit…

C'est des Wilkie qu'il me reste encore à lire !

choupynette a dit…

découvert avec l'épatante Dame en blanc, je n'ai pas relu Collins depuis. J'ai Moonstone entre autre dans ma pal/

Romanza a dit…

Titine : Ah! Je prends note de la BD!
C'est vrai pour Valeria!

George : t tant mieux, il est tellement ... craquant!

Choupynette : Tout pareil!