jeudi 4 janvier 2018

Des squelettes dans mes placards

Le trésor de Benevent
Patricia Wentworth

10/18, 1998.

Quelque part parmi la poussière et les toiles d'araignée de la propriété familiale des Benevent se dissimule leur légendaire trésor. Mais une mort horrible attend quiconque osera le dévoiler au grand jour. Lorsqu'elle arrive chez ses deux vieilles grand-tantes, Candida chasse ces idées de son esprit. Mais, très vite, elles reviennent la hanter. Bientôt elle pressent, sans savoir où ni comment, que sous les voûtes sombres du manoir des Benevent les anciennes prédictions vont se réaliser d'une manière terrifiante. Il faudra toute l'ingéniosité de miss Silver pour déjouer la malédiction des Benevent.

Voici ma seconde lecture d'une oeuvre de Patricia Wentworth, auteure de romans policiers. Je suis, de nouveau, charmée par son écriture très simple et prenante. 
Parfaits lorsque l'on manque de temps ou lorsque notre esprit est occupé par mille et une choses, les romans de Wentworth permettent de lâcher prise et de se détendre. Mais ces textes n'en sont pas pour autant superficiels. Le trésor des Benevent possède une solide intrigue et l'univers du roman est particulièrement bien rendu. J'ai adoré la scène d'ouverture. J'ai été totalement captivée
Candida est attachante. C'est une jeune fille douce et simple, mais également courageuse et déterminée. Les personnages qui gravitent autour d'elle sont très bien décrits. J'ai aimé le personnage de Miss Olivia, cette femme glaçante. Miss Silver, qui enquête discrètement, est très peu présente et n'a pas la prestance d'un Hercule Poirot, mais j'aime cette façon de s’éclipser pour ne pas faire de l'ombre aux autres protagonistes. 
J'ai frissonné par moment, mais j'ai surtout pris beaucoup de plaisir à suivre cette enquête sans prétention mais très bien menée. Je poursuivrai les aventures de Miss Silver avec joie. 
" Il eu un rire bref.- Et personne ne vous a parlé de la marée montante?Vous vous êtes laissé surprendre et vous avez tenté d'escalader la falaise. Quel âge avez-vous?- Quinze ans et demi. Évidement que je connais les marées. Je me suis renseignée... tout spécialement.- Qui vous a renseignée?- Quelqu'un de l'hôtel. Deux dames âgées... elles ont dit que la marée haute c'était à onze heure, et j'ai pensé que j'avais largement le temps de faire un tour sur la plage.- Si plage il y a ! La marée est haute à neuf heures moins le quart.Elle se tourna vers lui. Il n'était qu'une silhouette au crépuscule. Une silhouette et une voix. Mais Candida avait autre chose en tête... ses paroles concernant la marée. Si elle était haute à neuf heures moins le quart...- Alors pourquoi a-t-elle dit onze heure? demanda t'elle dans un souffle."(Le trésor des Benevent, P. Wentworth, 10/18, 1998, p13)
(Photos : Romanza2018)

mercredi 3 janvier 2018

Bilan 2017

Tradition oblige, je reviens sur mes lectures de cette année 2017.


Une année principalement marquée par ma reconversion professionnelle. Les six premiers mois de l'année ont été consacrés à la préparation de mon concours et j'ai du mettre mes lectures de côté. J'ai repris un rythme plus agréable depuis. Même si je ne lis pas autant que je le souhaiterai, j'arrive à lire quelques pages par jour et toujours avec beaucoup de bonheur. 
Ceci dit, mon nouvel emploi me prend BEAUCOUP de temps et au bout du compte, cette année fut pauvre en lecture. J'ai lu moitié moins de romans que les années précédentes. Mais je compte me venger en 2018. Enfin, essayer du moins ...


Voici quelques lectures marquantes :

Le maire de Casterbridge. Thomas Hardy est un auteur que j'aime énormément. Je compte bien lire Loin de la foule déchaînée en 2018.
La renarde de Mary Webb. Un roman sans prétention, un peu tombé dans l'oubli, qui m'a envoûtée. 
Les boucanières de ma chère Edith Wharton, auteure chère à mon cœur. 
Un barrage contre le Pacifique. Marguerite Duras m'étonne à chaque lecture. J'aime son style épuré. 
Itinéraire d'enfance de Duong Thu Huong fut un petit délice.
Le roman du mariage de Jeffrey Eugenides. J'aime les romans "campus américain" où le vernis se craque et laisse place aux doutes et aux angoisses. 
A la grâce des hommes de Hannah Kent. L'ambiance islandaise m'a particulièrement séduite dans ce roman juste et très bien écrit.
Une page d'amour d'Emile Zola. Je ne peux pas ne pas le citer. Zola, le grand, l'immortel.
Lettres des Isles girafines et Le journal d'Emma d'Albert Lemant. Deux œuvres de jeunesse magnifiques.

Pour cette année 2018, je me souhaite
  • Plus (beaucoup plus!) de lectures qu'en 2017.
  • De continuer à lire un peu tous les jours (même si ce n'est pas toujours facile).
  • De relire Anna Karenine (et ainsi instaurer une relecture par an de ces œuvres que j'aime tant).
  • De poursuivre mes lectures "duo" avec mon Romanzino où nous lisons un roman sur plusieurs jours ensemble.
  • De lire parfois autre chose que des romans (un recueil de poèmes que l'on grignote de temps à autre, une soirée volée avec un beau livre (histoire, arts, sciences, ...), une soirée BD ou encore pièce de théâtre ...)


Pour finir, mes petits nouveaux de Noël :


Je vous souhaite une belle année 2018 ... pleine de lectures et de sourires.

dimanche 24 décembre 2017

Joyeux noël

Je vous souhaite de belles fêtes, des chocolats, du champagne, des sourires et des étoiles plein les yeux.

mardi 12 décembre 2017

De l'importance de ne pas trop abuser de l'alcool

Le maire de Casterbridge
Thomas Hardy


Michael Henchard est un jeune saisonnier qui vit avec sa femme, Susan, et sa fille, Elizabeth-Jane, dans un village du Wessex.
Un jour, sous l’empire de l’alcool, après une violente dispute avec sa femme, il décide de la vendre avec sa fille à un marin de passage, M. Wenson. Dégrisé, il mesure l’étendue du désastre et, plus seul que jamais, se promet de ne plus jamais s’approcher d’un goulot…
Dix-huit années après, devenu un marchand prospère, Michael est élu maire de la ville de Casterbridge. Tous le croient veuf.


C'est avec beaucoup d'émotions que j'ai ouvert un nouveau roman de Thomas Hardy, l'auteur qui, en trois lectures, s'est hissé sur mon podium littéraire. Sans avoir le souffle de Jude l'obscur (qui reste, pour l'instant, indétrônable), j'ai passé un agréable moment de lecture avec Le maire de Casterbridge
Moins sombre que l'histoire de Jude ou Tess, celle de Michael Henchard reste tout de même triste et mélancolique. Nous suivons cet homme rattrapé par un passé trouble. Malgré ses faiblesses et son caractère parfois désagréable, je me suis attachée à Mr Henchard. Cet être profondément humain et complexe fait de nombreuses erreurs et finit toujours par en avoir cruellement conscience. Autour de lui gravitent plusieurs personnages : Susan, Elizabeth-Jane, Donald et les habitants de Casterbridge. J'avoue avoir un faible pour Elizabeth-Jane. C'est une jeune fille très digne, toujours positive et la façon qu'elle a de mener sa vie avec détermination et courage est vraiment touchante.
L'intrigue se tisse, les caractères s'affirment, les secrets se révèlent, ... j'ai tourné les pages les unes après les autres sans m'en rendre compte. Le maire de Casterbridge se lit très facilement. Presque trop facilement. Je ne sais pas si c'est la traduction qui en est la cause, mais je n'ai pas retrouvé la plume fine et magnifique de Thomas Hardy. Dans sa forme, le texte n'a pas la profondeur que j'attendais d'un roman de Hardy
Malgré ça, j'ai aimé ma lecture et l'Angleterre décrite par Hardy est toujours un délice. C'est un auteur que j'aime profondément. Même si Le maire de Casterbridge n'arrive pas à la cheville de Jude l'obscur, ni au genou de Tess d'Urberville, c'est un texte agréable, maîtrisé, envoûtant.
Il faut lire et relire Thomas Hardy. De mon côté, je lorgne déjà depuis longtemps sur Loin de la foule déchaînée.
« Je ne vois pas pourquoi un homme qui a une femme et n’en veut plus, ne s’en débarrasserait pas comme ces bohémiens-là font de leurs cheveux. […] Pourquoi ne pas les mettre aux enchères, et les vendre à ceux qui recherchent l’article ? Hein ? Moi, bon Dieu ! je vends la mienne à l’instant, si quelqu’un veut l’acheter. »
(Le maire de Casterbridge, T. Hardy, Archipoche, 2015) 
(Photos : Romanza2017)

dimanche 3 décembre 2017

Club des cinq nouvelle génération

Le club des cinq junior
Tome 1 - Un après-midi bien tranquille ...
Enid Blyton

Hachette jeunesse, 2017.

Alors que les Cinq s'apprêtent à faire une bonne sieste sous les arbres, deux bandits, non loin d'eux, tentent de dissimuler leur butin. Les enfants ont tout vu. Vite, il faut prévenir la police. Ce n'est plus le moment de dormir!

Mon Romanzino a eu ce roman de la bibliothèque verte en cadeau. Même si je ne suis pas fan de ces versions simplifiées, tirées d'œuvres originales, je dois avouer que c'est une bonne façon de rentrer doucement dans la lecture. Mon petit garçon a donc (avec mon aide) lu le tome 1 du Club des cinq junior ... en attendant de lire les vraies versions (pleines de passés simples et aux illustrations bien plus agréables). Il a bien aimé et a ensuite joué plusieurs jours à faire des aventures comme le Club des cinq.
En attendant, je laisse le clavier à mon petit garçon :

J'ai aimé le Club des cinq junior. Ils ont fait une enquête. Mon personnage préféré est le chien Dagobert. Je lirai le tome 2 : Le mystère de l'île
" - Comme il fait chaud! soupire François en s'éventant avec une feuille. Qu'est-ce qu'on va faire, cet après-midi?- Rien, réponds Mick, catégorique. Sinon, je vais fondre! Même pour se baigner, il fait trop chaud ... "(Le club des cinq junior, Tome 1, E. Blyton, Hachette, 2017)
(Photos : Romanza2017)

jeudi 23 novembre 2017

" Il faut aimer héroïquement ".

L'héritage d'Esther
Sandor Marai

Le livre de poche, 2003.

La fin de l’empire austro-hongrois et ses prolongements crépusculaires ont inspiré des écrivains majeurs comme les Autrichiens Joseph Roth, Stefan Zweig ou Arthur Schnitzler. Il faut y ajouter le Hongrois Sándor Márai (1900-1989) qui, aujourd’hui, est enfin reconnu comme un immense écrivain européen. L’Héritage d’Esther, publié en 1939, rassemble en un bref récit tout ce qui fait l’art de Márai. Retirée dans une maison qui menace ruine, engourdie dans une solitude qui la protège, une femme déjà vieillissante voit soudain ressurgir le seul homme qu’elle a aimé et qui lui a tout pris, ou presque, avant de disparaître vingt ans plus tôt. La confrontation entre ces deux êtres complexes Esther la sage, ignorante de ses propres abîmes et Lajos l’insaisissable, séducteur et escroc est l’occasion d’un de ces face à face où l’auteur des Braises et de La Conversation de Bolzano excelle. Un face à face où le passé semble prêt à renaître de ses cendres, le temps que se joue le dernier acte du drame, puisque « la loi de ce monde veut que soit achevé ce qui a été commencé ». La tension dramatique extrême, l’atmosphère somnambulique, l’écriture sobre et précise font de ce court roman un véritable chef-d’œuvre.

La plume de Sandor Marai fait inévitablement penser à celle à Stefan Zweig, auteur que j'aime profondément. Ils possèdent tous deux une plume délicate et nostalgique. L’héritage d'Esther est un court texte, profond et beau. Sandor Marai est un auteur tout en sensibilité, en retenue. 
Le cœur d'Esther ne nous est pas réellement dévoilé. La relation qui la lie à Lajos reste énigmatique. Lire Sandor Marai, c'est accepter de ne pas avoir toutes les clefs. La lecture est facile et les pages se tournent sans difficultés, pourtant les romans de Marai sont complexes et pleins d'implicites. Le lecteur doit travailler, soulever les blancs, combler les non-dits. Mais il peut aussi se laisser aller par la poésie de l'écriture de Marai, sans chercher à comprendre ou expliquer. Cet auteur est un beau mélange de simplicité et de complexité. L'héritage d'Esther est très travaillé, les personnages sont difficiles à cerner et l'intrigue est floue, pour autant c'est un texte très simple, vrai et juste.
Ce roman est ma troisième lecture de Sandor Marai. Je l'avais découvert avec Les mouettes que je n'avais pas particulièrement aimé. C'est avec Le premier amour que j'ai enfin compris le génie de Marai. L'héritage d'Esther vient me confirmer la grande sensibilité de cet auteur que je compte bien retrouver pour de prochaines lectures.
- Où sont tes limites, Lajos ? Dis-je enfin. Les yeux papillotants, il regardait la cendre de sa cigarette.
- Drôle de question ! Quelles limites ? S'enquit-il d'une voix hésitante.
- Quelles limites ? Répétai-je. Je pense que tout homme possède une limite intérieure qui sépare le bien du mal, une limite que rend possible les relations entre les êtres humains. Mais toi, tu n'as pas de limites.
- Ce sont des mots, dit-il, en esquissant un geste comme s'il s'ennuyait. Limites, possibilités. Bien et mal. Ce ne sont que des mots, Esther. As-tu remarqué, continua-t-il, que la plupart de nos actes n'ont aucun sens, qu'ils ne visent aucun but ? On doit les accomplir, même si l'on n'en tire ni profit ni plaisir. Si tu jettes un œil sur l'ensemble de ta vie, tu es bien obligée d'admettre que tu as fait beaucoup de choses pour la seule et bonne raison que tu en avais la possibilité.
- Tout ça est un peu trop compliqué pour moi, fis-je, découragée.
- Mais non, voyons ! Déplaisant, tout au plus. Quand on atteint la fin de sa vie, Esther, on se lasse de tout ce qui vise à un but quelconque. Moi, j'ai toujours aimé les actes inexplicables.
(L'héritage d'Esther, Sandor Marai, Le livre de poche, 2003). 

(Photos : Romanza2017)

samedi 18 novembre 2017

" ... c'était la vie qui scintillait dans ses yeux."

La renarde
Mary Webb

J'ai lu, 1973.

Comme un conte, imprégné de mystérieuses légendes et de nature frémissante, se déroule la tragique histoire de Hazel, la fille des bois, sauvage et libre comme la petite renarde sa compagne, qui ne découvre l'homme que pour lutter contre sa convoitise. 

Voici une vieux roman qui repose dans ma bibliothèque depuis des temps immémoriaux. J'ai lu Sarn de Mary Webb il y a quelques années. Même si j'ai peu de souvenirs de l'histoire, je me souviens avoir aimé ce roman original et cette plume à la fois douce et violente. En voyant l'automne s'installer, les arbres devenir rouges et la nature s'endormir doucement, j'ai eu envie de sortir de mes étagères La renarde, autre roman de Mary Webb
Ce roman m'a totalement charmée. J'ai été enveloppée par cette histoire sentant bon la forêt et le vent d'automne. Le style de Mary Webb oscille entre langage populaire et écriture poétique. La renarde nous offre de belles pages de descriptions, mais également des dialogues rustres de la campagne profonde. Je peux comprendre que cette ambivalence perturbe certains lecteurs. de mon côté, j'ai été conquise. 
Même si Hazel est un personnage très complexe que j'ai parfois eu du mal à suivre et comprendre, j'ai été touchée par cette jeune fille, libre et sauvage. Son histoire est violente, belle et révoltante. Dans ce roman, il est impossible de réellement savoir qui est coupable ou innocent. Les personnages semblent lutter contre des forces extérieures qui les poussent à faire les mauvais choix. Autour de Hazel gravitent deux hommes, le bon pasteur Edward et le terrible Reddin. Ces deux personnages sont particulièrement bien traités. Edward est touchant et généreux, tandis que Reddin est égoïste et tyrannique. Hazel, quant à elle, est tenaillée entre son corps et son âme et lorsqu’enfin ces deux parties d'elle-même se réunissent, il est déjà trop tard. 
Un roman et une auteure oubliés à ressortir très vite de nos armoires. Un sublime texte, envoûtant, charmant, à la fois cruel et beau. 
" Le manoir de Undern et ses nombreuses fenêtres à petits carrreaux regardaient vers le Nord avec un air buté. C'était un endroit dont ni la vue ni la poésie n'étaient rassurantes. Même en mai, quand les lilas se couvraient d'écume mauve, pavaient les allées d'ombre, embaumaient l'air, quand des feuilles s'effleuraient l'une l'autre comme de douces lèvres qui se consolent ; quand les merles chantaient, se laissaient tomber sans effort de vertes hauteurs en vertes profondeurs et chantaient de nouveau ; même alors quelque chose qui hantait ce domaine faisait battre le coeur pesamment."
(La renarde, M. Webb, J'ai lu, 1973, p35)
(Photos : Romanza2017)

Pour ceux qui n'aiment pas les vieilles éditions poussiéreuses, sachez que La renarde a été réédité chez Archipoche.

mercredi 15 novembre 2017

Un hiver avec Anna


Je ne relis jamais les romans que j'ai lus. Même ceux que j'aime profondément, auxquels je pense régulièrement, que je feuillette de temps à autre. Toujours attirée par les romans que je n'ai pas encore lus, j'oublie de revenir vers mes anciennes lectures. 
Pourtant, plus les années passent, plus l'envie de relire les œuvres chères à mon cœur est grande. J'ai envie de retrouver l'histoire, les mots, les personnages. J'ai envie de ressentir de nouvelles émotions en découvrant ces romans pour la seconde fois. Plusieurs titres me viennent. Jane Eyre, La reine Margot, Une vie, Orgueil et préjugés, Les Hauts de Hurle-vent, Anna Karenine, ... J'ai envie, maintenant, de prendre le temps de relire les romans que j'ai aimé. Je veux m'offrir ce luxe une fois de temps en temps

Ma lecture d'Anna Karenine fut un véritable tsunami. Tout comme celle de Jane Eyre, je me suis retrouvée submergée par cette histoire. Je pensais à Anna toute la journée. Elle m'a hantée bien après la lecture de ce roman. Je ne vois jamais un train sans penser à elle, j'ai remué ciel et terre pour voir les adaptations cinématographiques. Une vraie passion qui m'a habité durant plusieurs années. En une seule lecture, Léon Tolstoï était devenu pour moi un dieu, au point de donner son prénom à mon fils quelques années plus tard. 

En 2014, Eliza de Lectures and co organisait une lecture commune de Guerre et paix qui m'a permise de redécouvrir Léon Tolstoï et de savourer de nouveau sa plume magnifique. 
Il y a quelques jours, j'ai eu une envie folle de relire Anna Karenine, de retrouver la Russie, Levine et Kitty. Je me suis décidé à le relire cet hiver. Me souvenant du joli partage autour de Guerre et paix il y a bientôt 4 ans, je me suis dit que cette relecture pouvait être une belle occasion pour discuter et échanger.

Si cela vous dit, je vous propose donc de lire ou relire Anna Karenine cet hiver et/ou de voir une ou plusieurs adaptations cinématographiques réalisées. Nous pourrons ainsi échanger et discuter. 



Comme principales adaptations, vous avez :
  • 1935 : Anna Karénine  de Clarence Brown avec Greta Garbo.
  • 1948 : Anna Karénine de Julien Duvivier avec Vivien Leigh.
  • 1967 : Anna Karénine d'Alexandre Zarkhi 
  • 1997 : Anna Karénine  de Bernard Rose avec Sophie Marceau.
  • 2009 : Anna Karénine de Sergueï Soloviov 
  • 2012 : Anna Karénine  de Joe Wright avec Keira Knightley.


Je sais que je risque de manquer de temps, d'être engloutie par tout autre chose, mais je veux prendre ce temps, m'offrir ce plaisir, celui de relire un des romans qui a construit la lectrice que je suis. J'espère que cette relecture en appellera d'autres et que cela deviendra un petit rituel occasionnel. 

dimanche 5 novembre 2017

Swap traditionnel d'automne

Comme chaque année, UnlivreUnthé et moi-même avons organisé notre swap annuel. Moment de douceur où l'on oublie le stress, le quotidien et les soucis. On ne pense qu'à soi et aux délicieux instants précieux que nous offrent la vie. 


Nous avions choisi cette année le thème de la famille. Comme chaque année, ma chère amie m'a bien trop gâtée.



Pour être belle, j'ai eu un magnifique foulard bleu et rose, ainsi qu'une pochette girly contenant un gel douche et une crème pour le corps sentant la poire et le gingembre, mélange surprenant et délicieux. 
Côté gourmandise, j'ai eu 3 tablettes de chocolat (ma copine sait que je déguste toujours mon café d'après déjeuner avec un carré de chocolat) : un à la framboise, un autre aux noisettes et un dernier avec un zeste de citron vert. Le colis contenait également du miel d'acacia et un mélange de fruits secs
J'ai reçu 4 romans. Chacun d'eux parle d'une histoire de famille et possède dans son titre une référence à ce thème. Je vais pouvoir poursuivre ma découverte de Sandor Marai avec L'héritage d'Esther, découvrir Margaret Kennedy que ma mère aime tant avec L'idiot de la famille, lire le récent grand succès américain et coup de cœur de Titine, j'ai nommé Le fils de Philipp Meyer et relire (enfin!) Joyce Carol Oates avec La fille du fossoyeur.

(Le colis contenait également une charmante petite tasse à café .... Malheureusement, cette dernière n'a pas supporté le voyage et est arrivée cassée).


Encore un swap magnifique, tout en délicatesse, à l'image de ma tendre amie. 
Tu es si chère et importante dans ma vie. Merci pour tous ces partages, ces émotions, ces nombreux moments de joie et de complicité ... malgré la distance qui nous sépare. 

Pour voir le colis que j'ai envoyé à UnlivreUnthé, c'est ICI.

vendredi 3 novembre 2017

You belong to me

A moi pour toujours
Laura Kasischke

Le livre de poche, 2008.

« À moi pour toujours » : tel est le billet anonyme que trouve Sherry Seymour dans son casier de professeur à l’université un jour de Saint-Valentin. Elle est d’abord flattée par ce message qui tombe à point nommé dans son existence un peu morne. Mais cet admirateur secret obsède Sherry. Une situation d’autant plus troublante qu’elle est alimentée par le double jeu de son mari. Sherry perd vite le contrôle de sa vie, dont l’équilibre n’était qu’apparent, et la tension monte jusqu’à l’irréparable… 
Laura Kasischke peint avec talent une réalité américaine dans laquelle tout, y compris le désir, semble bien ordonné.

Après les très bons Esprit d'hiver et Rêves de garçons, je retrouve Laura Kasischke avec A moi pour toujours. J'ai été tenue en haleine durant 3 jours. J'ai littéralement dévoré ce roman. Impossible de le lâcher. Si je n'avais pas eu mes obligations quotidiennes, je l'aurai lu dans la journée. Pourtant, de mes trois lectures de Laura Kasischke, c'est celle que j'ai le moins aimée
A moi pour toujours malmène Sherry notre héroïne quadragénaire belle et dynamique. Comme dans chaque roman de Laura Kasischke, le vernis des charmantes familles américaines se fissure, craque, explose. On assiste à la lente chute de Sherry, aveuglée par son orgueil, par la routine, la monotonie, l'ennui. 
J'ai préféré la finesse d'Esprit d'hiver et de Rêves de garçons. A moi pour toujours est assez cru et je ne pense pas que ce soit toujours justifié et nécessaire. Ceux que les scènes érotiques dérangent, sachez que ce roman en est rempli. L'histoire est addictive et extrêmement prenante, mais je ne lui reconnais pas la qualité de mes deux précédentes lectures. Ceci dit, Laura Kasischke sera désormais une lecture annuelle obligatoire tant j'aime sa façon de me manipuler, me malmener, me rendre accro à ses histoires. Je suis fascinée par ces histoires de familles banales, bien sous tout rapport, qui cachent des drames et de lourds secrets. On y croit parce que c'est très bien écrit, à la fois simple et complexe. Les romans de Laura Kasische ne sont pas des thrillers rocambolesques ou des enquêtes policières. Ce sont des romans sociaux et psychologiques. L'auteure ne cherche pas LA révélation la plus scotchante possible, elle surprend tout en restant rationnelle, simple, cohérente .... et c'est en ça que ses romans sont terrifiants.

A moi pour toujours n'est pas le meilleur Kasischke, mais c'est un véritable page-turner à découvrir ... comme tous les autres romans de l'auteur (que je compte bien dévorer les uns après les autres). 
" Cela faisait maintenant deux décennies que nous étions ensemble, toutes ces années ayant été des années plutôt heureuses, productives, pleines de sens et de richesse. Les emplois sûrs. Le fils en bonne santé. La vieille ferme. Et même les voitures fiables, la mienne était une petite Honda blanche, toute vive et ronronnante, qui ne consommait pas beaucoup, un 4x4, et la sienne un énorme tonneau, un Explorer blanc, avec une tenue de route sérieuse, masculine,un peu comme l'incarnation de la gravité sur quatre roues."(A moi pour toujours, Laura Kasischke, Le livre de poche, 2008)

(Photos : Romanza2017)