jeudi 31 mai 2007

Nous avons tous une part d'ombre

L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
R.L Stevenson



Livre de poche, Collection Libretti à 1 euro 50, Paris, 2005.

Un monstre rôde dans les brumes victoriennes de Londres. Il a piétiné une fillette, tué un député et boxé une marchande d'allumettes. C'est un petit homme difforme et mal habillé, qui inspire à tous ceux qui l'ont vu des sentiments mêlés de répulsion, de crainte et de haine. A quoi, à qui ressemble-t-il? Pourquoi les témoins oculaires de ses méfaits sont-ils incapables de décrire Mr Hyde? Pourquoi Mr Utterson, le notaire du Dr Jekyll, est-il hanté par le testament de son client, au point de faire des cauchemars? Pourquoi se lance-t-il sur la piste de Hyde, dans une partie de cache-cache funeste aux dimensions d'une ville labyrinthe? Quel lien, en définitive, unit le Dr Jekyll à Mr Hyde?Issu d'un cauchemar de son auteur, et salué dés sa parution par Henry James comme un "chef d'oeuvre de concision", ce roman policier trompe-l'oeil, dont les récits imbriqués débouchent sur un conte fantastique, réserve une surprise de taille au lecteur, et comporte de nombreuses zones d'ombre. Dès 1886, Stevenson plonge dans les profondeurs déformantes du miroir de l'âme humaine jusqu'aux racines de l'inconscient.

Cette histoire est très bien écrite et terrifiante. Nous nous prenons à imaginer l'horrible Mr Hyde dans les rues, nous frôlant de sa démarche maladroite et de ses mains crochues. Un vrai discours sur l'inconscient, sur notre dualité. Chaque personne possède sa part d'ombre et sa part de lumière. Souvent malmené par nos deux extrêmes, nous devons nous battre pour ne pas laisser le mauvais côté l'emporter. Fin tragique d'un homme bon et tout simplement humain. Une ultime phrase qui m'a bouleversée. Petit bémol tout de même, cette histoire est tellement connue que nous ne sommes pas en suspense comme devaient l'être les premiers lecteurs. La trop grande notoriété de ce livre l'a rendu trop prévisible ... Dommage ... mais ça n'enlève pas le plaisir. Un très bon petit livre!

" Près d'un an plus tard, au mois d'octobre 18..., Londres fut mis en émoi par un crime d'une férocité inouïe, crime d'autant plus sensationnel que le victime occupait une position très en vue. Peu de détails, mais l'horreur garantie. Une femme de chambre, qui se trouvait seule dans une maison située non loin du fleuve, était montée se coucher vers onze heures. Si le brouillard avait envahi la ville après minuit, le ciel était resté dégagé jusque-là, et la ruelle sur laquelle donnait la fenêtre de la domestique était illuminée par la pleine lune ..... "

(L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, Librio, p 33)


(Source de l'image : cinemathéque.fr)

mardi 29 mai 2007

Plaisir du texte

Ô longs désirs, ô espérances vaines,
Tristes soupirs et larmes coutumières
À engendrer de moi maintes rivières,
Dont mes deux yeux sont sources et fontaines !
Ô cruautés ô durtés inhumaines,
Piteux regards des célestes lumières,
Du coeur transi ô passions premières
Estimez-vous croître encore mes peines ?
Qu'encor Amour sur moi son arc essaie,
Que de nouveaux feux me jette et nouveaux dards,
Qu'il se dépite et pis qu'il pourra fasse :
Car je suis tant navrée en toute part
Que plus en moi une nouvelle plaie
Pour m'empirer, ne pourrait trouver place.
Louise Labé

Hymne à la nature

Princesse Mononoké


Film d'animation japonnais
Hayao Miyazaki

Un bijou ...
C'est le premier Miyazaki que j'ai vu. C'est celui qui a vu naître ma passion pour ce réalisateur magnifique.
Une histoire forte et prenante. Jusqu'où l'homme ira pour son propre intérêt? Un conte écologique bouleversant. Des personnages à la fois bons et mauvais, pas de réels méchants. Tout le monde possède sa part d'ombre.
Des paysages forts ... presque vrais, des musiques splendides (Joe Hisaishi est un virtuose) ... Tout est parfait.
Un film d'animation dur et violent qui aurait pu être un film à part entière, avec de vrais acteurs tant tout y est réaliste et beau.
L'un des plus durs de Miyazaki avec Nausicäa.

Ashitaka vient d'être blessé par un dieu de la forêt devenu fou. Normalement bon, les habitants ne comprennent pas sa fureur. Lorsque le dieu est tué par Ashitaka, la vieille du village trouve un morceau de plomb dans ses entrailles. Cet objet dévoré l'intérieur du corps du dieu, ce qui l'avait rendu fou. Ashitaka mourra bientôt de sa blessure, à moins qu'il ne parte à la recherche de la source de ce morceau de plomb et comprenne ce qui se passe entre la nature et les hommes. Il devra porter sur le monde un regard sans haine et tenter de se sauver ...


(Sources des images : buta-connection.net)

CD du moment ...


Mstislav Rostropovitch Le violoncelle du siècle.
Du violoncelle par l'un des plus grand violoncelliste ... Rien n'a dire ... Juste à apprécier.

Les conséquences de la guerre

Adieu
Honoré de Balzac



Le livre de poche, Collection Libretti à 1 euro 50, Paris, 2004.


1819. Par une brûlante journée de l'été finissant, deux chasseurs - deux amis, le marquis d'Albon et le baron Philippe de Sucy - égarés dans une forêt de l'Ile-de-France entrevoient, sous les frondaisons d'un parc à l'abandon, une silhouette féminine d'une grâce aérienne. En cette jeune femme, folle, qui ne sait plus que répéter machinalement un seul mot, Adieu , Philippe, bouleversé, reconnaît la comtesse Stéphanie de Vandières, la maîtresse passionnément aimée dont il fut tragiquement séparé en 1812, lors du passage de la Bérésina. Soulevé par un espoir insensé, il va tenter de rendre la vie à cette âme morte.Ce récit insolite et saisissant, tout à la fois "étude philosophique" et "scène de la vie militaire" est l'un des plus achevés de La Comédie humaine.

Quelle belle histoire mon Dieu! Stéphanie et Philippe se sont aimés mais ont été séparés par les horreurs de la guerre. Lorsqu'ils se retrouvent, Stéphanie est devenue folle. Une histoire à la fois merveilleuse, avec l'apparition fantasmagorique de Stéphanie, mais aussi prenante de réalisme, avec l'évocation de la guerre. Guerre qui donne lieu a une scène horrible, dure, extrêmement bien détaillée. On s'imagine dans la neige de Russie au milieu des cadavres et en train de perdre l'homme qu'on aime. Vraiment un très beau petit texte. Une histoire tragique digne de Racine.

" Elle laissa échapper un cri douloureux, et se leva tout à fait sur ses pieds. Ses mouvements se succédaient si gracieusement, s'exécutaient si lestement, qu'elle semblait être, non pas une créature humaine, mais une de ces filles de l'air célébrées par les poésies d'Ossian. Elle alla vers une nappe d'eau, secoua légèrement une de ses jambes pour la débarasser de son soulier, et parut se plaire à tremper son pied blanc comme l'albâtre dans la source en y admirant sans doute les ondulations qu'elle y produisait, et qui ressemblaient à des pierreries."

(Adieu, Librio, p38)


(Source de l'image : commons.wikipedia.org)

lundi 28 mai 2007

Plaisir du texte

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Charles Baudelaire - A une passante

En se croisant, un jour ...

In the mood for love

France, Chine
Réalisé par Wong Kar-wai
Avec Tony Leung Chiu Wai, Maggie Cheung, Rebecca Pan.



Un film sobre et fort.
Des couleurs sensuelles et subtiles, une belle histoire accompagnée des musiques envoûtantes de Nat King Cole et celles de Shigeru Umebayashi.
Lent, douloureux, intense ... un film sublime. L'on a envie de crier ... Pourquoi donc ne s'aiment-ils pas ouvertement? Pourquoi ne se sont-ils pas trouvés avant?
A chacun des passages de Maggie Cheung dans les couloirs de l'immeuble ... la magie opère.
Ce film est beau. La musique, les décors, les costumes, l'histoire ... Tout y est merveilleux.



Une femme, un homme aménagent le même jour dans un immeuble. Ils se croisent tous les jours dans les couloirs ... n'échangent qu'un regard, qu'un salut. Au bout de quelques jours, ils se rendent compte que leurs conjoints respectifs ont une liaison. Ils décident de comprendre comment s'est arrivé. Ils se donnent rendez-vous, discutent. Ils finissent par comprendre que les sentiments ne se dirigent pas ... et tombent amoureux.

Ce film est bouleversant ... c'est du caviar. A voir et revoir.
(Sources des images : cinema-mon-amour.com ; stumbleupon.com ; cinergie.be)

Petite réflexion

Le thé


... Moment unique et intense.
Breuvage brûlant et parfumé qui réchauffe le coeur.
Un livre, un thé ... Le bonheur.
Royaume de senteurs, royaume de parfums ... Palais des merveilles.
Un thé ... et le silence se fait.
(Source de l'image : le-japon.com)

Des couleurs et des odeurs

A la verticale de l'été



France Allemagne Vietnam 2000
Réalisateur: Tran Anh Hung
Acteurs: Tran Nu Yên-Khê, Nhu Quynh Nguyen, Le Khanh, Quang Hai Ngo, Chu Hung






Un film magnifique, des musiques enivrantes ... Un bijou du cinéma asiatique.
Cette histoire simple, lente m'a touchée en plein coeur dés la première fois que je l'ai vu. Tout y est magnifique. Comme tout film asiatique qui se respecte, A la verticale de l'été a peu de dialogues. Les scènes sont lentes et subtiles. Tout est dans les couleurs, les images, les regards, les sons ... Il faut deviner ... Le réalisateur n'agresse pas, il laisse le spectateur s'imprégner doucement et enfin ... comprendre.
J'aime ce cinéma sans orgueil qui ne mise pas sur l'explicite, sur les paroles inutiles. On parle peu et pourtant ... tout est dit!

La bande originale est somptueuse. Entre Velvet underground, Lou reed et musique vietnamienne traditionnelle, on se laisse envelopper par ces chants doux, reposants ... planants.


L'histoire est simple. Trois soeurs préparent le repas d'anniversaire de la mort de leur mère. L'aîné s'éloigne de son mari, très secret, ils s'échappent et pourtant s'aiment. La cadette est amoureuse de son époux, lui de même. Il est écrivain, rêveur, attentif. Tout semble se passer parfaitement bien. La dernière n'arrive pas à se trouver un fiancé à cause de l'idôlatrie qu'elle voue à son frère avec qui elle vit. Elles se croisent, parlent et avouent. En quête d'un certain bonheur, elles finiront par en trouver un autre ... différent.

Un film réellement splendide. Tout ce que j'aime ...
Un film ressourçant, reposant. Un film qui donne envie de profiter de chaque instant ...

(Sources des images : fantastikasia.net ; soundtrackcollector.com ; cinemovies.fr)




La vie de Madame tout-le-monde

Un coeur simple
Flaubert



Le livre de poche, Collection Libretti à 1 euro 50, Paris, 2005.


"L'histoire d'un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Cela n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même. " (Flaubert)


Un petit livre très bouleversant. Félicité rencontre et aime des gens qui se détachent, partent, disparaissent. Une histoire simple, la vie de madame tout-le-monde, une femme proche de nous. Félicité naît, vit et meurt. On se demande quelles traces elle laissera après son passage ... Sûrement aucune. Sauf dans le coeur du lecteur ... Un petit roman qui se lit bien et vite. Un roman qui raconte notre vie à tous ...

" Elle avait eu, comme une autre, son histoire d'amour. Son père, un maçon, s'était tué en tombant d'un échafaudage. Puis sa mère mourut, ses soeurs se dispersérent, un fermier la recueillit, et l'employa toute petite à garder les vaches dans la campagne. Elle grelottait sous ses haillons, buvait à plat ventre l'eau des mares, à propos de rien était battue, et finalement fut chassée pour un vol de trente sols, qu'elle n'avait pas commis. Elle entra dans une autre ferme y devint fille de basse-cour, et, comme elle passait aux patrons, ses camarades la jalousaient."

(Un coeur simple, Livre de poche, p 21)


(Source de l'image : e-litterature.net)

Petite réflexion

Le violoncelle


... Mon instrument favori ...



Son son grave et doux, lourd et frais ... Une contradiction à lui tout seul. Mais à chaque note, un sentiment intacte : la nostalgie. Le violoncelle est souvent triste et mélancolique ... mais toujours beau.

Un instrument sensuel. Le violoncelliste fait corps avec son instrument. Chaque vibration se lit sur le visage de l'interprète. Comme un acte d'amour ... Il ne font plus qu'un ...

Le son sourd du violoncelle pénètre dans mon âme et me fait sortir les larmes des yeux ... Magnifique.

(Source de l'image : spectable.com)

dimanche 27 mai 2007

Cahiers retrouvés ... Histoire retracées

Cahiers de la guerre et autres textes
Marguerite Duras



POL, Paris, 2006.


Les Cahiers de la guerre constituent la part la plus exceptionnelle des archives déposées par Marguerite Duras à l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (Imec) en 1995. Ecrits entre 1943 et 1949, ils ont longtemps été conservés dans les mythiques " armoires bleues " de sa maison de Neauphle-le-Château ; leur publication donne aujourd'hui accès à un document autobiographique unique, en même temps qu'à un témoignage précieux sur le travail littéraire de l'écrivain à ses débuts. Le contenu de ces quatre cahiers excède amplement le cadre de la guerre, malgré l'appellation inscrite par Marguerite Duras sur l'enveloppe qui les contenait. On y trouve en effet des récits autobiographiques où elle évoque les périodes les plus cruciales de sa vie, particulièrement sa jeunesse en Indochine ; des ébauches de romans en cours, comme Un barrage contre le Pacifique ou Le Marin de Gibraltar ; ou le récit à l'origine de La Douleur, publiée en 1985. Dix " autres textes " inédits, contemporains de la rédaction de ces cahiers, complètent cette image d'une œuvre naissante où se dessine l'architecture primitive de l'imaginaire durassien. A mi-chemin de l'œuvre assumée et du document d'archive, ces Cahiers de la guerre donnent à voir tout à la fois l'enfance d'une œuvre et l'affirmation d'un écrivain.

Ce livre est magnifique tant pour débuter un apprentissage durassien que pour le compléter. C'est une mine d'informations que nous offre l'édition POL.
J'ai beaucoup apprécié la première partie sur son enfance en Indochine où L'amant commence à surgir. Lorsque s'enchaînent les fragments de textes, l'ensemble devient un peu plus dur, mais tout est toujours aussi bien écrit et agréable. De plus, après avoir lu son enfance, l'écriture de ses prochains livres nous apparait plus claire. Son enfance rejaillit dans chacune de ses histoires. C'est passionnant de retrouver des détails, des traumatismes de sa jeunesse dans ses écrits.
Deux fragments de textes m'ont émue au possible. C'est presque les deux plus beaux textes que j'ai lu dans ma courte vie. Le premier, extrait de La douleur, parle de l'attente de Marguerite Duras lorsque à la fin de la guerre, son mari devrait normalement revenir des camps de concentration et qu'elle n'a aucune nouvelle. Le second, lors de la mort de son premier enfant pendant l'accouchement. Ces deux textes sont ma-gni-fi-ques ... rien à rajouter.
Un livre à lire donc autant pour les passionnées de Duras que pour les novices ...

" On m'a dit : "Votre enfant est mort." C'était une heure après l'accouchement, j'avais apreçu l'enfant. Le lendemain, j'ai demandé : "Comment était-il?" On m'a dit : "Il est blond, un peu roux, il a de hauts sourcils comme vous, il vous ressemble." "Et il est encore là?" "Oui, il est là jusqu'à demain." "Est-il froid?" R. a répondu : "Je ne l'ai pas touché mais il doit l'être, il est très pâle." Puis il a hésité : "Il est beau, c'est aussi à cause de la mort." J'ai demandé à le voir. R. m'a dit non."

(Cahiers de la guerre, POL, p255)


(Source de l'image : violettanet.it)

samedi 26 mai 2007

Laissez-moi vous parler de ...

Alexandre Dumas




C'est l'un de mes auteurs favoris. J'en ai beaucoup, mais lui rentre dans le groupe de tête. J'aime la manière dont il me fait à la fois rire et pleurer, la manière dont il m'apprend l'histoire de France, la façon qu'il a de m'emmener dans des mondes fabuleux ... Il me fait rêver.
Je n'ai pourtant lu que La reine Margot et Les trois mousquetaires ... Mais je ne compte pas en rester là.
C'est un véritable coup de foudre!
Il passe d'une scène hilarante avec des répliques croustillantes à souhait à une scène terrible, tragique et inoubliable. Et j'aime ça dans un roman ... que l'on joue avec mes sentiments!

J'ai dans ma bibliothéque : Vingt ans après (la suite des Trois mousquetaires). Il m'attend sagement. Je compte aussi m'offrir : La dame de Monsoreau ; Le collier de la reine ; Le comte de Monte cristo ; La san Felice Ce sont ceux-là qui m'attirent le plus dans tous ceux de monsieur Dumas.

Un grand homme à découvrir d'urgence ...


(Source de l'image : boysbooks.org)

jeudi 24 mai 2007

Visage aimé


Romane Bohringer


Voilà une autre actrice que j'aime beaucoup ...


Et pourtant, je n'ai pas vu énormément de films d'elle. J'aime comment elle joue en général mais elle m'a surtout marquée pour son interprétation de Bérénice dans l'adaptation cinématographique d'Aurélien d'Aragon.





En fait, plus que l'actrice, c'est la femme que j'aime. Belle, sauvage, libre. Elle est comme son père ... brute, mais sensible. J'aime sa voix grave, ses yeux doux. Elle est une vivante contradiction et j'aime beaucoup car ça la rend mystèrieuse, intouchable.





Une femme magnifique.

(Source de la photo : ruedutheatre.info)

Petite réflexion

Détente absolue


... Je reviens de la piscine.

J'aime nager sur le dos. Me laisser flotter. Les oreilles engloutie ... je n'entends plus rien ... seulement ma respiration et le bruit doux de l'eau. Un instant de pure tranquilité, un moment à moi.

Dur retour à la réalité lorsque je sors ma tête complétement de l'eau.



C'est encore mieux dans la mer ... ou encore mieux ... dans une rivière de montagne ... dans l'eau fraîche ... ancienne neige de montagne.

(Source de la photo : photos.linternaute.com)

lundi 21 mai 2007

Visage aimé

Gérard Philippe




L'acteur romantique par excellence! Voilà le visage que des milliers de lecteurs ont donné à Julien Sorel, Fabrice del Dongo et tant d'autres héros romanesques.

Cet acteur a du charisme, de la prestance. Il est beau et romantique, parfait pour les rôles tragiques.

Etrangement, c'est dans un rôle comique que je l'ai préféré : dans Fanfan la tulipe. Il m'avait stupéfiée par son naturel et son humour. Certaines de ses répliques sont devenues cultes pour moi.

Un acteur comme il n'y en a plus ... sauf Eric Ruf ... bien sûr!

(Sources de la photo : myspace.com/sylvieblissplace)

CD du moment ...


... Diana Krall The girl in the other room.
Une voix chaude et sensuelle et du jazz à gogo ... Moment envoûtant et intense. A écouter dans un bon bain chaud accompagné de bougies parfumées, d'un passionnant roman et d'un bon verre de vin rouge ...

Plaisir du texte


Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l'heur passé avec toi regretter :
Et qu'aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre :

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard Luth, pour tes grâces chanter :
Tant que l'esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre :

Je ne souhaite encore point mourir.
Mais quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d'amante :
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.
Louise Labé

Visage aimé


Charles Chaplin et Buster Keaton




Le cinéma muet est grandiose. Ces deux acteurs sont inégalables. Ils me font rire comme personne.
J'ai une petite préférence pour Buster Keaton. J'aime son côté enfantin. Il a un visage si particulier qu'on dirait un pantin, une poupée.
Et puis, il est un peu moins connu que Chaplin ce qui le le rend encore plus mystèrieux.
Des soirées cinéma muet ... rien de mieux! Pas de paroles, pas de prise de tête, un retour à l'essentiel, aux sources qui fait du bien.
Je suis une passionnée des mots, des livres. Et pourtant, je trouve que parfois, aucune parole n'est nécessaire. C'est le cas des films muets. Tout y est!
Rien à ajouter ... Tout à regarder.
(Sources des images : widerscreen.fi/2006/1/charles_chaplin-mus.... ; filmreference.com/.../Keaton-Buster.html.)

Phrase éternelle

Une certaine vision de l'amour

" Une reconnaissance immédiate. Pas de drague, pas de conquête. On ne s'explique pas. Si ce n'est pas évident pour l'un comme pour l'autre, pas la peine de perdre son temps."
Bernard Werber

Phrase éternelle

Sagesse chinoise

"Celui qui a déplacé la montagne, c'est celui qui a commencé par enlever les petites pierres" (Proverbe)

"Le plus grand conquérant est celui qui sait vaincre sans bataille" (Lao Tseu)

" Pourquoi se jeter à l'eau avant que la barque n'ait chaviré?" (Proverbe)

"La joie est en tout;
Il faut savoir l'extraire." (Confucius)

"Plus le coeur grossit,
Moins les paroles sont utiles" (Proverbe)

Visage aimé

Romy Schneider

Voilà l'actrice qui me bouleverse jusqu'au fond de mon âme.
Comme de nombreuse petite fille, j'ai découvert Romy Schneider dans Sissi ou encore Katia. Ces films m'ont faite rêver durant des années. Romy était devenu une prêtresse que j'idolatrais, une femme inaccessible, une fée. Puis, dans ma vie d'adolescente, il arriva Le vieux fusil, La piscine, Christine et tant d'autres. Et Romy Schneider est devenue à mes yeux une femme fragile, une actrice admirable, un talent incroyable.
Ce visage, ces yeux ... Tout chez elle est bouleversant. Lorsque je vois cette femme ... Je ne peux m'empêcher de revoir les images d'elle après l'accident de son fils, condamnant ces journalistes venus déguisés en infirmier pour photographier l'enfant mort. Je repense à ses images et je pleure. Elle a joué comme elle vivait ... douloureusement!
(Sources de la photo : divasthesite.com/.../Romy_Schneider.htm.)

Ancienne lecture : De l'importance de l'amour platonique ...

Belle du seigneur
Albert Cohen



Folio, Paris, 2003.

Belle du Seigneur raconte l'histoire d'Ariane, Emma Bovary moderne. Elle est mariée à un homme sans intérêt qui passe son temps à lécher les bottes de ses supérieurs. Un jour, elle rencontre Solal qui lui annonce qu'elle tombera amoureuse de lui ...


Que dire mon dieu !!!......J'ai ouvert ce livre dans l'espoir de trouver un magnifique et unique roman .... j'ai trouvé bien plus!!!Jamais je n'ai lu un auteur qui savait autant décrire le coeur humain. Chaque phrase est un écho à nos sentiments. Qui n'a jamais tout comme Ariane attendu l'être aimé durant de longues heures interminables?

" Le roman commence ainsi : Solal se déguise en veillard pour séduire Ariane, une bourgeoise qui s'ennuie. Après l'avoir effrayée, il dévoile son vrai visage, et sa beauté. Et il annonce avec grandiloquence qu'elle sera bientôt amoureuse de lui! L'amour est présenté comme un défi, un jeu tragi-comique. S'ensuivent des pages drolatiques (Cohen est sûrement l'auteur le plus drôle qui soit) sur la Société des nations, à Genève : on découvre toutes les basses manoeuvres des petits employés pour grapiller une augmentation, une promotion." (David Foenkinos, Livre culte in Muze numero 39 mois de novembre 2007).

A. Cohen nous offre une histoire d'amour certes, mais si différente. Le sentiment passionnel y est totalement démystifié. Pour ceux qui pense qu'il ne s'agit que d'une banale histoire d'amour, je vous conseille de le lire pour vous remettre dans le vrai.
500 pages de pur bonheur satirique et majestueusement drôle, suivies de 600 autres belles, inoubliables et si cruelles ... Tous les sentiments se réveillent ....Un roman dont vous ne sortirez pas indemne quelque soit votre opinion!!

"... elle lui tendit les mains. Il les prit, et il plia le genou devant elle. Inspirée, elle plia le genou devant lui, et si noblement qu'elle renversa la théière, les tasses, le pot à lait et toutes les rondelles de citron. Agenouillés, ils se souriaient, dents éclatantes, dents de jeunesse. Agenouillés, ils étaient ridicules, ils étaient fiers et beaux, et vivre était sublime."

(Belle du seigneur, Folio)


(Source de l'image : forum.doctissimo.fr)

Petite réflexion

Les églises

... Je les aime et pourtant, je ne suis pas cléricale ... Je crois en une spiritualité, sûrement même en Dieu, mais je ne sais pas toujours ce que c'est ... J'aime l'ésotérisme, mais je n'aime pas les institutions qui le proclament. J'ai la Foi en la nature, en l'humanité, en la vie, j'ai la Foi en Dieu, mais je suis contre les systèmes cléricaux.

Toujours est-il que j'aime me retrouver dans une église. Mais il faut qu'elle soit vide, silencieuse ...
J'aime cette atmosphère étrange ... presque irréelle.
De plus, adorant l'art, je trouve que pour le plaisir des yeux, une église est un régal. Et c'est important culturellement parlant. Quand je visite une ville, je me dois d'aller dans l'église. Passage obligé.

Mes préférés? Les gothiques.

Visage aimé

Juliette Binoche



Cette femme est, pour moi, l'actrice française par excellence. Simple, classe, forte et fragile à la fois, belle mais naturelle ...

Je n'aime pas tout de ses choix cinématographiques, mais par contre, dans tous, elle joue juste, elle est émouvante. J'ai adoré Le patient anglais, Le chocolat, La veuve de Saint-Pierre ... Elle est le stéreotype de la femme passionnée, engagée, amoureuse.

J'aime cette actrice et je ne saurai dire réellement pourquoi. Elle me touche ... C'est le principal!

(Source de la photo : fabinoche.free.fr)

Vu au théâtre

Cyrano de Bergerac
Edmond Rostand

De la Comédie française
Mise en scène de Denis Podalydés
Etant étudiante et ne gagnant pas assez ma vie, je vais à la Comédie française avec les places de dernière minutes à 5 euros. On est très mal placé, on ne voit que la moitié de la scène, mais ... tant pis ... le plaisir des mots et du théâtre reste intacte.

Les décors de cette pièce sont magnifiques, les acteurs prenants de réalisme, l'histoire (bien que lue et relue et connue par coeur) reste bouleversante.
J'attendais les scènes clefs avec impatience, elles ont été parfaitement mises en scène.
Cyrano est réaliste au possible. Ses répliques sont du caviar et je suis tombée folle amoureuse de lui. Eric Ruf est, comme toujours, juste et sa voix m'a envoûtée. Je n'ai pu retenir ma larme lorsque Christian se rend compte que Roxanne aime Cyrano. Comment peut-il supporter d'être aimé sans l'être vraiment? Lorsqu'il lance ce cri déchirant : "Cyrano!", mon coeur a explosé.
Quant à Roxanne, elle est passionnée ... comme j'aime. Et sa détresse, en apprenant qu'elle a aimé un homme sans savoir qui il était réellement, est communicative ... bouleversante.

Je me moque bien de ne voir que la moitié de la scène ou encore, d'être horriblement mal assise. L'émotion, dans ce si beau théâtre, est si forte que rien ne peut m'empêcher de m'imaginer en Roxanne et d'entendre les mots de Cyrano résonner dans mon coeur ... dans mon âme.

(Source : agoravox.fr)

Plaisir du texte

"Œnone : Que faites-vous, Madame ?
Et quel mortel ennui
Contre tout votre sang vous anime aujourd'hui ?
Phèdre : Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable
Je péris la dernière et la plus misérable.
Œnone : Aimez-vous ?
Phèdre : De l'amour j'ai toutes les fureurs.
Œnone : Pour qui ?
Phèdre : Tu vas ouïr le comble des horreurs.
J'aime... à ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
J'aime...
Œnone : Qui ?
Phèdre : Tu connais ce Fils de l'Amazone,
Ce Prince si longtemps par moi-même opprimé ?
Œnone : Hippolyte ? Grands Dieux !
Phèdre : C'est toi qui l'as nommé !
Œnone : Juste ciel ! Tout mon sang dans mes veines se glace !
Ô désespoir ! Ô crime ! Ô déplorable race !
Voyage infortuné ! Rivage malheureux,
Fallait-il approcher de tes bords dangereux ?
Phèdre : Mon mal vient de plus loin.
À peine au fils d'Égée
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit tourments inévitables.
Par des vœux assidus je crus les détourner :
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l'orner ;
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D'un incurable amour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens :
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
J'adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer.
J'offrais tout à ce dieu, que je n'osais nommer.
Je l'évitais partout. Ô comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
Contre moi-même enfin j'osai me révolter :
J'excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre,
J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre ;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L'arrachèrent du sein, et des bras paternels.
Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence ;
Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
De son fatal hymen je cultivais les fruits.
Vaines précautions ! Cruelle destinée !
Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
J'ai revu l'Ennemi que j'avais éloigné :
Ma blessure trop vive aussitôt a saigné.
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée :
C'est Vénus toute entière à sa proie attachée."

Acte 1 scène 3
Racine - Phèdre
(Edition Larousse)

Vu au théâtre


Le vieux juif blonde


Une pièce d'Amanda Sthers
Mise en scène Jacques Weber
Avec Melanie Thierry


Jamais je n'ai eu autant d'émotions contradictoires au théâtre. Je suis passée du sourire aux larmes, du sanglot au rire toutes les secondes ... Quelle pièce, mon Dieu! Melanie Thierry est époustoufflante de sincérité, de naturel. C'est ça que j'ai aimé : la simplicité. Un décor neutre, sans artifice. Une actrice sans poudre ni fanfreluche. Une histoire qui paraît complexe, mais qui se révèle malheureusement, extrêmement courante.
Cette pièce est magnifique ... Les mots me manquent ... Alors, je me tais.

(Source de la photo : evene.fr/tout/thierry)

Plaisir du texte

Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
J'ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m'est et trop molle et trop dure,
J'ai grands ennuis entremélés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure,
Mon bien s'en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.
Louise Labé

Vu au théâtre

Rodin - Tout le temps que dure le jour



De Françoise Cadol / Mise en scène Christophe Luthringer/ Avec Pierre Santini, Françoise Cadol, Steve Bedrossian.

Françoise Cadol vole sur scène comme un ange. Elle est belle, gracieuse. Curieux contraste à côté du dur et franc Pierre Santini. Au milieu d'eux, Steve Bedrossian, timide, névrosé. Un trio intense. Pudique mais sensuel.

J'ai aimé les mots de cette pièce. Les mouvements. Le décor. Cet atelier où l'on finit par croire y être vraiment ... parmi les pinceaux. Je suis rentrée dans l'histoire comme on plonge dans un livre. Même l'intolérable chaleur de la salle n'a pas pu me faire sortir de cette pièce fabuleuse.

Trois personnages en quête du bonheur, trois âmes cherchant leur voie ... Ils se croisent, se rencontrent, se frôlent.

Marie Cabannes m'a envoûtée, Rodin m'a charmée, Rilke, émue et la pièce, bouleversée.

(Source : ruedutheatre.info)

Ancienne lecture : Près du feu où je m'enfouis ...

Lettres portugaises
Guilleragues


Folio, Paris, 1990

Une femme délaissée par son amant lui écrit du fond de son couvent.


Les lettres se lisent bien. C'est agréable. Les mots touchent, les mots bouleversent. Plus qu'une histoire de maîtresse délaissée, on assiste à un concert de rhétorique. Les phrases sont sublimes, le style parfait.Ce livre est, comme l'a été La nouvelle Héloïse ou La princesse de Clèves, l'un des premiers Bestsellers français. De nombreuses dames du 17ème siècles ont pleuré sur ces lettres au coin du feu. Un texte court, facile à lire et agréable, faisant parti de l'histoire de la littérature française ... je ne vous conseille que de le lire

" Considère mon amour, jusqu'à quel excès tu as manqué de prévoyance. Ah ! malheureux, tu as été trahi, et tu m'as trahie par des espérances trompeuses. Une passion sur laquelle tu avais fait tant de projets de plaisirs ne te cause présentement qu'un mortel désespoir, qui ne peut être comparé qu'à la cruauté de l'absence qui le cause. Quoi! cette absence, à laquelle ma douleur, toute ingénieuse qu'elle est, ne peut donner un nom assez funeste, me privera donc pour toujours de regarder ces yeux dans lesquels je voyais tant d'amour, et qui me faisaient connaître des mouvements qui me comblaient de joie, qui me tenaient lieu de toutes choses, et qui enfin me suffisaient? Hélas! les miens sont privés de la seule lumière qui les animait, il ne leur reste que des larmes, et je ne les ai employés à aucun usage qu'à pleurer sans cesse, depuis que j'appris que vous étiez enfin résolu à un éloignement qui m'est si insupportable, qu'il me fera mourir en peu de temps. Cependant il me semble que j'ai quelque attachement pour des malheurs dont vous êtes la seule cause: je vous ai destiné ma vie aussitôt que je vous ai vu, et je sens quelque plaisir en vous la sacrifiant. J'envoie mille fois le jour mes soupirs vers vous, ils vous cherchent en tous lieux, et ils ne me rapportent, pour toute récompense de tant d'inquiétudes, qu'un avertissement trop sincère que me donne ma mauvaise fortune, qui a la cruauté de ne souffrir pas que je me flatte, et qui me dit à tous moments: cesse, cesse, Mariane infortunée, de te consumer vainement, et de chercher un amant que tu ne verras jamais; qui a passé les mers pour te fuir, qui est en France au milieu des plaisirs, qui ne pense pas un seul moment à tes douleurs, et qui te dispense de tous ces transports, desquels il ne te sait aucun gré. "

(Lettres portugaises, Extrait - Début de la lettre 1, Folio)


(Source de l'image : teleramaradio.fr)

Plaisir du texte

Se questo é un uomo
"Voi che vivete sicuri
Nelle vostre tiepide case
Voi che trovate tornando a sera
Il cibo caldo e visi amici
Considerate se questo è un uomo
Che lavora nel fango
Che non conosce pace
Che lotta per mezzo pane
Che muore per un sì o per un no
Considerate se questa è una donna
Senza capelli e senza nome
Senza più forza di ricordare
Vuoti gli occhi e freddo il grembo
Come una rana d’inverno
Meditate che questo è stato
Vi comando queste parole
Scolpitele nel vostro cuore
Stando in casa andando per via
Coricandovi alzandovi
Ripetetele ai vostri figli
O vi si sfaccia la casa
La malattia vi impedisca
I vostri nati torcano il viso da voi."
Primo Levi

dimanche 20 mai 2007

Visage aimé

Maria Callas


Quelle voix, quelle femme!
Elle chantait comme elle vivait ... Intensément ... Passionnément!
Elle mettait tant de force lorsqu'elle chantait qu'on avait l'impression qu'elle allait mourir sur scène à chaque fois ...



(Source photo : europeanjournal.net)

Plaisir du texte

"Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé,
Si j'ai senti mille torches ardentes,
Mille travaux, mille douleurs mordantes.
Si, en pleurant, j'ai mon temps consumé,

Las ! que mon nom n'en soit par vous blamé.
Si j'ai failli, les peines sont présentes,
N'aigrissez point leurs pointes violentes :
Mais estimez qu'Amour, à point nommé,

Sans votre ardeur d'un Vulcain excuser,
Sans la beauté d'Adonis accuser,
Pourra, s'il veut, plus vous rendre amoureuses,

En ayant moins que moi d'occasion,
Et plus d'étrange et forte passion.
Et gardez-vous d'être plus malheureuses !"
Louise Labé

Petite réflexion

Questionnaire de Proust

(Bien sûr ce n'est pas catégorique ... Ce sont juste des réponses spontanées ... dans l'instant!)

Boisson : Thé
Parfum : burberry
Couleur : Bleu
Animal : Loup
Musique classique : Sonate au clair de lune de Beethoven
Compositeur musique : Vivaldi ; Mozart ; Satie ; Joe Hisaishi
Acteur/ Actrice : Eric Ruf ; Gérard Philippe ; Romy Schneider ; Juliette Binoche ; ... sûrement d'autres ... mais ce sont les principaux.
Peintre : Botticceli ; Dali
Ecrivain : Trop pour pouvoir choisir ... Mais j'en mets quelques uns quand même, bien qu'ils ne soient absolument pas les seuls : Dumas, Pearl Buck, les soeurs Brontë, Marion Zimmer Bradley,
Zola, Ende, ...
Ce que je préfère lire : Les romans principalement, j'ai toujours un livre en cours. Mais une BD de temps à autre me réjouit.
Quels styles? : J'adore : Les historiques, les classiques, la littérature asiatique.
J'aime beaucoup : Fantastique, conte, biographie, littérature de jeunesse, récits de voyage, nouvelles, théâtre, poésie, les vieux policiers (style Agatha Christie, Conan Doyle ou Gaston Leroux).
Ce n'est pas que je n'aime pas, mais je lis rarement : SF, thriller, essai.
Je ne lis jamais : Politique, société, actualité, roman à l'eau de rose.
Fruit : Framboise
Film : Beaucoup aussi mais une préférence pour A la verticale de l'été et In the mood for love. J'aime énormément le cinéma asiatique.
Film d'animation : Tous les Miyazaki (Studio Ghibli)
Enseignement : Littérature
Arbre : Saule pleureur
Instrument : Violoncelle
Philosophie : Carpe diem
Poéte : Louise Labé
Saison : Printemps
Chanteur/ Chanteuse : Brel ; Marley ; Ekdahl ; McKennitt ; ... et d'autres ... selon mon humeur.
Groupe : Velvet underground ; Compay segundo ; U2 ; ... Et d'autres ...
Fleur : Orchidée
Lieu : Bibliothèque ou église vide
Verbe : Lire
Elément : Terre
Objet : Livre
Mon double : Fio, dans Porco Rosso. Elle me ressemble beaucoup mentalement (c'est le personnage sur l'image)

(sources de l'image : buta-connection.net)

Ancienne lecture : Mémoire d'amour ... Mémoire de guerre

Aurélien
Louis Aragon



Folio, Paris, 2004.

Tout d'abord, Aurélien trouve Bérénice "franchement laide". Son naturel, sa simplicité lui fera pourtant oublier la guerre, son plus grand malheur, quelques instants. Il l'aimera, il la poursuivra toute sa vie, cherchera à la tenir dans ses bras ... pour enfin, avoir l'esprit en paix et les souvenirs éloignés.


Ce livre est magnifique.
Cette histoire d'amour est différente de toutes celles que j'ai pu lire. Pas de coup de foudre, une attirance physique presque inexistance dans ses débuts, ...
En plus d'un magnifique témoignage sur l'horreur de la guerre et ses conséquences. Ce livre nous emmène dans une passion éternel ... celle d'un homme et d'une femme. Une passion qui ne s'explique pas. Ils s'aiment ... et c'est tout.
Bérénice est tout simplement splendide et nous tombons toutes un peu amoureuses d'Aurélien.
Des scènes mythiques, une écriture parfaite ...

"Si Bérénice était pour Aurélien le piège auquel il devait fatalement se prendre, il était lui-même pour Bérénice l'abîme ouvert, et elle le savait, et elle aimait trop l'abîme pour n'y pas venir se pencher. /.../ L'amour d'Aurélien, n'était-ce pas la justification de Bérénice? On ne pouvait pas plus lui demander d'y renoncer que de renoncer à penser, à respirer, à vivre. Et même est-il sans doute plus facile de mourir volontairement à la vie qu'à l'amour."

(Aurélien, Folio)


(Source de l'image : mauriceblanchot.net)

Saint Petersbourg


J'aime cette ville. J'y suis allée en hiver dernier pour un échange chorégraphique et j'en garde un souvenir inégalable.


Cette ville est grandiose, impériale, fascinante mais à la fois triste, industrielle et froide. Elle est touchante.


Les russes ne donnent pas leur amitié facilement, mais lorsqu'ils nous l'offrent ... C'est pour la vie! La famille chez qui j'ai logée durant 10 jours était fabuleuse. Elle donnait tout ... pourtant, elle ne possédait pas grand chose.

J'ai visité le palais de l'Ermitage, les plus belles et grandes cathédrales orthodoxes de la ville, vu les typiques "isbas" russes, vu Peterof et Novgorod ... Bref, un dépaysement complet et parfait.

C'était un rêve pour moi d'aller en Russie. J'avais rêvé en lisant Tolstoi ou Dostoievski et je n'avais envie que d'une chose, voir cette impériale Russie. Elle m'a bouleversée. Ces noms, Novgorod, Peterof, me font encore rêver aujourd'hui. De plus, j'ai vu la Venise du nord sous la neige et ça, ça n'a pas de prix.


La neige russe ... sans commentaire!

(Source de la photo : amslav.com)

Visage aimé

Eric Ruf


Voilà le visage de l'acteur qui m'a le plus touché jusqu'à ce jour. Eric Ruf est membre de la comédie française et est surtout connu au théâtre, bien qu'il apparaisse de plus en plus à la télévision.



J'ai découvert cet acteur dans Phèdre de Racine. On étudiait cette pièce à l'université et elle est passée dans la même période sur Arte ... Je l'ai regardée adorant Racine ... Je n'ai jamais entendu une voix aussi belle que celle d'Eric Ruf. Sa voix a été créée par les anges pour qu'il puisse lire les plus beaux textes de la littérature française.

Depuis, je l'ai vu dans Cyrano de Bergerac à la comédie française (J'y suis allée sans savoir qu'il jouait dedans!). Toujours aussi bon acteur ... Il ne joue pas ... Il vit. Et cette voix ...

Ce que j'aime aussi chez lui, c'est son côté non médiatique. J'aime sa modestie d'homme de théâtre. J'aime cette univers si prenant et intimiste qu'est le monde théâtral.



Merci monsieur Ruf pour toutes ces émotions ...

(Source de la photo : site de la comédie française)

Petite réflexion

La danse

... A cet instant, plus rien ne m'entoure. Il n'y a plus que moi et la musique. L'angoisse a disparu et mon corps entier vibre de plaisir. Je ne suis plus moi-même, j'oublie tout. Je suis désormais plus que le sentiment que je dois exprimer. Que ce soit la tristesse ou la joie, la vie ou la mort, l'amour ou bien la haine, mon coeur bat à chaque pas, à chaque mouvement.


La danse est un art, un moyen d'expression.


Si je devais dire à mon entourage à quel point je les aime ... je le ferai en dansant.

(Photographie : Margot Fonteyn et Rudolf Noureev, source : thenewyorkseason.com)

Découverte

La leçon de piano

Mardi un film, récompensé par plusieurs prix et que je n'avais jamais vu ,est passé à la télévision : La leçon de piano.
Cela faisait un moment que je voulais le voir ... J'étais intriguée. Après deux heures de film, j'en suis sortie épuisée. Ma première réaction a été : Pas mal!

C'est après que j'ai été touchée. J'ai eu des flashs, des sensations, les jours qui ont suivis la diffusion de La leçon de piano. J'ai retrouvé l'atmosphère et j'ai aimé. C'est un grand film et j'ai adoré même s'il m'a fallue du temps pour m'en rendre compte. J'ai aimé l'humidité inquiétante de la jungle neo-zélandaise, la force des scènes où Holly Hunter jouait passionnément du piano au rythme des vagues. Ce piano, un personnage à part entière. Ada est liée à cet instrument, c'est sa raison de vivre et pourtant, elle ne vivra que lorsqu'elle s'en séparera.
Pour certains, c'est un film érotique et malsain. Pour moi, c'est une magnifique histoire d'amour entre deux personnes seules.

Je le verrai une seconde fois avec plaisir ... Un film qui mérite un effort de concentration ... Un film qui se déguste ...



(Source de l'image : mamzelya.blog.elle.fr)