lundi 11 janvier 2016

Imaginer pour s'évader

Une femme d'imagination et autres contes
Thomas Hardy

Livre de poche, 2015.


Dans le sud-ouest de l’Angleterre , au début du XIXe siècle, quatre destins de femmes meurtries par l’amour : amour impossible pour un soldat étranger, amour ensorcelé pour un violoniste de village, amour refusé par un fils trop rigide, amour rêvé pour un homme jamais rencontré…
Comme dans Tess d’Urberville et Jude l’obscur, Thomas Hardy conte à merveille dans ces courts textes les tourments de l’âme féminine et la brutalité d’une société où le sentiment n’a pas sa place.


Thomas Hardy m'a de nouveau éblouie. Un auteur qui, en peu de temps, a pris une grande place dans mon cœur. 
Il est parfois difficile avec les nouvelles de se plonger véritablement dedans, principalement à cause de la brièveté des textes. Cependant, certains auteurs arrivent à créer des nouvelles aussi puissantes et profondes qu'un roman. C'est le cas de mon cher Stefan Zweig. C'est aussi le cas de Thomas Hardy. Chaque nouvelle de ce recueil avait l'intensité d'un roman
On retrouve le profond pessimiste de Hardy. Ces quatre nouvelles n'épargnent pas ses héroïnes  (j'ai cependant trouvé Hardy plutôt tendre en comparaison de ce qu'il nous offre avec Jude l'obscur ou Tess d'Urberville).  Il parle des femmes, de leur peu de liberté et de choix, de l'emprise des hommes
La première nouvelle Le hussard mélancolique de la légion germanique ainsi que la dernière, Une femme d'imagination, sont de loin mes préférées. J'ai aimé le côté tragique de la première. Le personnage principal de la dernière nouvelle est quant à lui très émouvant. Je me suis totalement identifiée à cette femme à l'imagination débordante. 
Un style à la fois torturé mais sobre et tout en retenue. Une vision de la vie profondément noire mais aussi tendre envers l'Homme, cet être faible et malmené par l'existence. Thomas Hardy aime ses personnages. C'est la vie qui ne veut pas d'eux. 
Grâce à ce recueil , j'ai une envie folle de me replonger dans un long roman de Hardy.
" Sa longue contemplation du portrait la plongea dans la méditation. A la fin, ses yeux se remplirent de larmes et elle effleura le carton des lèvres. Puis elle se mit à rire, sur un ton de gaieté nerveuse, et s’essuya les yeux.Était-elle immorale, songeait-elle, elle, une femme mariée, mère de trois enfants, de laisser vagabonder son esprit vers un étranger de si déraisonnable façon ? "(Une femme d'imagination, Thomas Hardy, Livre de poche, 2015)
( Source image : Herman Richir, Portrait of a Woman in a Fur Wrap sur Pinterest)

4 commentaires:

Shelbylee a dit…

J'avais adoré moi aussi ce recueil. Comme toi, ma préférence va au hussard et à une femme d’imagination.

unlivreunthe a dit…

Je n'ai lu que Tess d'Uberville que j'avais adoré ! Tu me donnes envie de lire un autre roman de Thomas Hardy, surtout avec la lecture que je viens d'achever, Hiver de C. Nicholson que je te conseille !

Titine a dit…

J'ai également adoré ce recueil de nouvelles qui sont toutes excellentes. "Le véto du fils" est une nouvelle particulièrement cruelle qui m'a pincé le coeur. Comme toi, j’adore Thomas Hardy, je ne me lasserai jamais de le lire.

Cléanthe a dit…

Thomas Hardy est devenu en peu de temps l'un de mes auteurs préférés. Par contre, je n'ai pas encore découvert ses textes courts. Ce recueil est dans ma PAL. Il va falloir que je me lance.